La ‘Culture Data’ de la tête aux pieds

Un changement qui se fait de haut en bas et de bas en haut, pour une entreprise prospère et compétitive

Un article écrit par Jacky Casas ; Photo par Alexander

Lors du dernier épisode du podcast Airccelerate, Marco Brienza a eu l’opportunité de discuter avec Benjamin Protais (Directeur Consulting de Business&Decision) et Jérémie Wagner (Directeur général de Business&Decision pour la Suisse romande). Business&Decision (B&D) est une entreprise active dans le conseil en intelligence des données, récemment acquise par le groupe Orange Business Services.

Dans cette interview, une discussion s’est produite sur la façon de semer la culture data au sein d’une entreprise. Benjamin Protais vous dit peut-être quelque chose ? J’ai déjà eu la chance de m’entretenir avec lui au sujet de la gestion des données en entreprise. Vous pouvez retrouver l’article qui en découle ici.

La culture data

On imagine le topo: la culture data, c’est quand une entreprise valorise les données qu’elle génère pour l’aider dans ses affaires. Mais ce n’est pas si limpide. On fait comment ? Ça sert à quoi ? N’est-ce pas juste une mode qui va passer ? Pour Benjamin Protais, la définition condensée de la culture data est la suivante :

La Data Culture est la prise de conscience par une entreprise que la data est un asset business.

Sous ces anglicismes, on comprend que l’utilisation des données n’est pas juste un avantage compétitif pour une organisation. C’est critique pour sa santé, voire sa survie. Il y a des choses à creuser, et Benjamin va pouvoir nous guider: avant de savoir comment faire, on va voir pourquoi le faire.

Trois conséquences significatives d’une culture data

La culture data se vit au sein d’une entreprise et elle va ajouter de la plus-value pour tout le monde. Les trois plus grandes améliorations suivant cette mise en place sont :

  1. L’amélioration des délais de mise sur le marché : en effet, l’analyse des données permet de comprendre ce qui est important et d’aller plus rapidement à l’essentiel ;
  2. L’augmentation de la rétention et de l’acquisition de clients : l’entreprise va développer le produit ou le service qui fonctionne, que les clients aiment, et cela en générant des données, en les analysant et en prenant des décisions qui sont alignées avec ses objectifs business ;
  3. L’augmentation de la rétention des employés : celui-là est moins compréhensible au premier abord, mais il faut comprendre que la culture data s’invite à tous les étages. “Il faut traiter les employés comme des clients, personnaliser les services” dixit Benjamin. Cela va dans le sens de la Qualité de Vie au Travail (QVT) et de la responsabilisation des employés ! 

La mise en place par le haut

Au niveau réthorique, ça a l’air facile, mais qu’en est-il de la mise en place de la culture data ? Réponse simple : un CDO, ou “chief data officer” (directeur général des données en français). Vous me direz que c’est un peu utiliser un bazooka pour tuer une mouche, et vous aurez tord, car mettre en place une culture dans une entreprise ne se fait pas par des initiatives personnelles (le responsable IT qui développe une application fait-maison ; le marketer avec son cube Excel ; etc.). 

Le meilleur moyen pour que la culture se propage est de la diffuser par le haut, c’est-à-dire par les positions dirigeantes. Vous comprenez maintenant pourquoi il faut un Chief. C’est un changement qui doit devenir transversal et global.

Un CDO matérialise le début de la transformation d’une entreprise. Le CDO, à la façon d’un chef d’orchestre, va piloter ce changement et s’assurer du maintien de cette culture. Sa fonction lui donne la légitimité pour le faire. Tout de même, l’entreprise doit  avoir une taille critique afin d’engager un CDO à plein temps. Dans le cas d’une PME, ce rôle peut-être occupé par un employé existant qui dévoue une partie de son temps à la tâche. Cette solution pourra mieux fonctionner que l’engagement d’un CDO externe à l’entreprise qui ne connaît pas la culture interne par exemple.

Valoriser ses données, c’est-à-dire ?

Une culture data comporte 4 phases :

  1. Tout d’abord, définir en quoi la data va servir les priorités business de l’entreprise. C’est la phase de la Data strategy ;
  2. Augmenter la valeur du processus en ciblant des cas d’usage précis qui peuvent significativement gagner de l’ampleur, grâce à l’usage de nouvelles données ;
  3. Identifier toutes les sources de données, qu’elles soient internes ou externes, faisant sens et adresser les points de la stratégie par leur intermédiaire ;
  4. Finalement, promouvoir le sujet data dans tous les départements, de façon transversale.

Un processus itératif

Je vous ai dit que le début de la transformation était portée par le CDO, mais la mise en place et le maintien de la culture data s’entreprendra de manière itérative. On commence par un use case, puis on améliore, on étend et on augmente la mise en valeur. Petit-à-petit.

Une entreprise qui fait ce changement doit tester, apprendre et s’améliorer tout en gardant en tête la stratégie, la direction à suivre. L’entreprise n’a pas la science infuse, elle va faire des erreurs, mais elle restera agile et s’améliorera. Ce processus itératif sera de plus en plus efficace et contribuera à avantager l’entreprise, ses employés et les clients qu’ils servent en exploitant le potentiel issu des données.